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L’Europe des poulpes

Charles Quint disait : « Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval ! »

Aujourd’hui en Europe, on parle surtout allemand. Et en bons canassons que nous sommes, nous avons tous plié (Allemagne comprise) devant la loi des marchés financiers.  L’Europe des peuples est devenue l’Europe des poulpes. Décérébrée du haut et tentaculaire du bas. Mono-neuronale du bulbe dédié uniquement aux intérêts à court terme, et déglinguée du tronc faisant danser tous les politiques au bout de ses bras tels des marionnettes qui ne font plus rire personne. A droite en France, à gauche en Grèce… les extrêmes de tous bords virent en tête lors d’élections foutraques, poussives et inadaptées. Alors les médias s’agitent pour faire grimper l’audimat et rentabiliser les écrans pub, les gens s’indignent sur les réseaux sociaux depuis leur canapé, les partis se disloquent à grand bruit pour singer publiquement leur autodafé,  le buzz monte et gronde… pour retomber comme un vieux soufflet moisi quelques semaines plus tard. Car tout ce brouhaha ne changera rien et tout le monde le sait. Parce que le Patron est toujours là.

Le Patron mène la barre du paquebot Europe et n’infléchit celle-ci que pour suivre en temps réel les courbes sur son IPad, celles de la valeur de ses stock-options et des soubresauts du Marché tout-puissant. Tout le reste n’est qu’un leurre pour distraire la plèbe. Les politiciens de droite, de gauche ou d’ailleurs  le savent bien : pour sauver leur petite carrière devenue inutile il leur faut bien créer des écrans de fumée afin d’occuper le bon peuple.

Indigents, indignés ou indifférents, voilà les gens. Fatigués surtout. La tête vidée d’illusions perdues. Exsangues d’un monde qui tarde à se réinventer.

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Charles Quint avait raison : il faut parfois en rudoyer certains pour qu’ils nous comprennent. Alors en attendant que les puissants de ce monde fassent leur examen de conscience, peut-être est-il temps que nous autres cessions déjà de nous amuser avec les marionnettes et rangions tous les guignols au placard. Et quand les politiciens pantins auront disparu, engloutis par leurs propres écrans de fumée, peut-être verrons-nous enfin à qui nous devrions parler espagnol, italiens, français… et surtout allemand.

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